À la ligne.

Synopsis : À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.

Quand on m’a conseillé ce livre, je n’ai pas vraiment compris l’engouement, encore moins en lisant le synopsis et en feuilletant l’ouvrage. Il n’y a pas de ponctuation, il y a des sauts de ligne répété et en plus : l’auteur ne parle que de l’usine, de son travail, de crevette, de crabe, de bulot et de porc éventré. Et par dessus tout, ce qui m’a le plus étonné est le fait que j’ai apprécié ma lecture.

J’aime les histoires profondes, complexes, qui ont un réel fond et qui ont un passé et un futur. Avec ce roman, il n’y avait pas franchement tout ça. On suit notre intérimaire qui se fait embaucher un peu partout pour l’argent, si je ne me trompe pas : on ne sait jamais vraiment son prénom ou son nom tout le long du roman et pourtant, on apprend à le connaître à travers sa vie sans avoir besoin de savoir qui est-il vraiment.

Le fait qu’il n’y ait aucune ponctuation m’a dérangé quelques fois, parce que mon cerveau n’arrivait pas à savoir si cette phrase se terminait là ou si c’était une simple virgule, si les sauts de ligne sont considérés comme une ponctuation, mais alors pourquoi cette phrase est-elle si longue sans sauter de ligne ? En gros, mon cerveau a été énormément sollicité et j’ai trouvé ça franchement stimulant.

L’histoire n’a pas réellement de fond, il n’y a pas d’histoire de passé traumatisant ou de relation toxique en évidence, pour être honnête : en dehors de l’usine et de l’intérim, on ne sait pas grand chose sur lui. Il est marié, il a un chien et il habite dans le nord ouest de la France. Notre connaissance s’arrête là.

Pourtant, son personnage et son histoire m’aura appris à voir la simplicité de la vie. L’usine représente une routine envahissante, avec des horaires de nuits, décalés, qui te retire tout le temps que tu peux utiliser à vivre réellement, et son personnage représente une bonne partie des Hommes d’aujourd’hui, dans cette société capitaliste où l’argent devient le centre de l’univers.

Pourtant, on y voit aussi la force brute de l’humanité : sa volonté de vivre, sa force, ses faiblesses, ses doutes et ses espoirs. Il n’y a pas qu’une simple histoire lambda d’un homme qui part à l’usine, mais une réelle représentation de l’Homme à travers ce roman, avec les défauts et les qualités du personnage qui ne le rend que plus humain.

On y retrouve aussi une certaine volonté de se rattacher à la vie. Avec la fatigue qu’il subit durant ses missions, l’écriture devient son seul et dernier espoir de pouvoir extérioriser les choses, de pouvoir mettre sur papier ce qu’il n’a pas le temps de dire entre douze heure de travail à l’usine, une heure de trajet pour rentrer chez lui, et ses heures de sommeil. L’écriture devient son seul moyen de résister à la folie et à l’épuisement émotionnel.

Si vous cherchez un roman assez rapide à lire, qui vous repose l’esprit et vous apprend certaines choses sur la vie et sur vous-même, je vous invite à le découvrir. Même s’il n’est pas le genre de livre que j’aime habituellement, j’ai été agréablement surprise et peux même le recommander à autrui. C’est une belle découverte malgré tout.

Note : 3 sur 5.

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